L’Observatoire pour la Liberté en Tunisie appelle à une intervention médicale urgente et à une enquête indépendante
6 novembre 2025
L’Observatoire pour la Liberté en Tunisie suit avec une profonde inquiétude la dégradation de l’état de santé de Said Ferjani, ancien député et dirigeant politique détenu, ainsi que celle du professeur Jawhar Ben Mbarek, militant des droits humains et universitaire, tous deux en grève de la faim pour protester contre ce qu’ils considèrent comme des procédures judiciaires arbitraires et des conditions de détention inéquitables.
Selon des rapports fiables d’organisations de défense des droits humains, l’état de santé de Said Ferjani s’est gravement détérioré au cours des derniers jours à la suite de sa grève de la faim brutale et de son refus de prendre ses médicaments, ce qui a provoqué plusieurs évanouissements. En raison de la gravité de sa condition, il a décidé de suspendre temporairement sa grève.
Parallèlement, Jawhar Ben Mbarek poursuit sa grève de la faim malgré les avertissements médicaux et les appels pressants de sa famille et de son équipe de défense, qui lui ont rendu visite récemment et ont confirmé son refus de mettre fin à sa grève en signe de protestation contre ses conditions de détention et les mauvais traitements subis en prison.
Ces développements s’inscrivent dans un contexte de multiplication des grèves de la faim dans plusieurs prisons tunisiennes, alimenté par les violations croissantes des droits humains contre les détenus politiques et par les retards répétés dans le traitement judiciaire de leurs dossiers.
Les familles des détenus et leurs représentants légaux ont exprimé leur vive inquiétude face à la dégradation de l’état de santé de plusieurs prisonniers et à l’absence de tout contrôle indépendant des conditions de détention et du traitement réservé aux détenus. Ils réclament l’accès immédiat des organisations de défense des droits humains et des instances médicales indépendantes aux lieux de détention.
L’Observatoire pour la Liberté en Tunisie rappelle que le droit à l’intégrité physique et la protection contre la torture ou tout traitement cruel, inhumain ou dégradant sont garantis par la Constitution tunisienne et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie. Il souligne que les grèves de la faim constituent un moyen pacifique d’expression des revendications des détenus et ne doivent pas être accueillies par l’indifférence ou la répression.
L’Observatoire met en garde contre les dangers de la négligence médicale ou du retard d’intervention, qui représentent une menace directe pour la vie des prisonniers, notamment dans les cas de grèves de la faim prolongées nécessitant un suivi médical continu et des soins spécialisés.
L’Observatoire pour la Liberté en Tunisie demande :
- Que Said Ferjani et Jawhar Ben Mbarek bénéficient de soins médicaux urgents et indépendants, et que leurs familles puissent leur rendre visite sans restriction ;
- L’ouverture d’une enquête indépendante sur les conditions de détention et de traitement dans les prisons, afin d’évaluer leur conformité avec les normes nationales et internationales ;
- Que les autorités judiciaires accélèrent l’examen des affaires à motivation politique, afin de garantir le droit à la défense et un procès équitable ;
- Que les organisations de défense des droits humains, notamment l’Instance nationale pour la prévention de la torture et le Comité international de la Croix-Rouge, obtiennent un accès immédiat aux établissements pénitentiaires pour évaluer la situation humanitaire des grévistes de la faim.




